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Le 20 septembre 2004 la Franœ a émis un bloc de 10 timbres à 0,50€:
intitulé «La Franœ à voir». Sur les dix sites qui sont présentés, trois
devraient plus ou moins intéresser les spéléophilatélistes, bien que se
rattachant marginalement au thème général qui nous conœrne
prioritairement, les grottes naturelles. Il s'agit de:
- «Maison troglodytique», en fait une vue du village troglodytique de
Rochemenier (commune de Louresse-Rochemenier, en Maine-et-Loire, France)
non loin de Saumur. Ce site est typique du troglodytisme de plaine (opposé
au troglodytisme de coteau ou de falaise). Il s'agit à l'origine
d'une fosse creusée pour l'exploitation des faluns, des dépôts de
calcaires coquilliers, utilisés pour l'amendement des sols siliceux
pauvres en calcaire. L'endroit est ouvert au tourisme. On peut y visiter
deux anciennes fermes, une chapelle souterraine et une habitation troglo
moderne.
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Maison troglodytique |
- «Les calanques de Cassis». Non loin de là s'ouvre la célèbre
grotte Cosquer, découverte en 1985 par Henri Cosquer et dont l'entrée
est située à 27 mètres sous le niveau de la mer.
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Les calanques de Cassis |
- «Les gorges du Tarn», célèbre site karstique français.
Nous reproduisons ici un extrait de Le Monde étrange des troglodytes de
Suzanne Quéré & Roger Gaborieau, éditions CMD, 1993, p. 7-8 sur le site
de Rochemenier.
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Les gorges du Tarn |
“Il était une fois à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Saumur,
un village nommé Rochemenier dont rien - ou presque rien - ne laisse en
surface deviner la présence.
"Construit, ou, plus exactement creusé aux XVIIème et XVIIIème siècles,
Rochemenier est sans doute l'ensemble troglodytique le plus remarquable
de la vallée de la Loire Aucune cave ou cour n'y a d'origine naturelle.
Tout est dû à la main de l'homme. Au commencement était une plaine au
sous-sol de falun. sorte de sable calcaire, riche en fossiles, témoin
d'une vie d'un très lointain passé, ères secondaire et tertiaire. Ce
sable était répandu sur les terres très acides situées dans les
environs. Cette habitude de chauler le sol permettait aux paysans d'en
neutraliser l'acidité.
"L'extraction du sable donnait l'occasion aux paysans d'installer une
ferme souterraine à bon compte. L'opération débutait par le creusement
de la cour. Celui-ci dégageait une sorte de falaise d'environ quatre à
cinq mètres de profondeur dans laquelle était ensuite taillées
l'habitation et toutes les dépendances nécessaires à la vie de la ferme.
La vente des milliers de mètres cubes extraits du sous-sol payait
l'achat du terrain du dessus et les salaires des ouvriers ayant
participé au creusement Cette technique était si avantageuse, comparée à
la construction classique d'une ferme (pierres, charpente, toiture...),
que Rochemenier compte plus de 250 caves.
"Il serait aujourd'hui impossible d'en creuser de nouvelles sans
déboucher dans une cave voisine, tant le réseau est fourni L'ensemble
regroupait ainsi quarante fermes complètes avec granges et remises,
celliers, étables, fournils, pièces d'habitation,
"Les salles de veillée réunissaient les habitants pendant les longues
soirées d'hiver. On Y bavardait en cassant les noix et en fabriquant les
paniers d'osier. La cheminée n'y était pas utile l'hiver, la chaleur
humaine des «veilleurs» chaudement vêtus suffisait à produire les douze
degrés considérés à cette époque, comme confortables par rapport à la
température extérieure.
"Souterraine également, l'ancienne chapelle a été installée au XVème
siècle dans une carrière. Des arcs gothiques, une croix et des niches
pour les statues ont été taillés dans la pierre. La salle présente un
plan en forme de croix. Elle se trouve aujourd'hui sous l'église «de
surface», incendiée pendant les guerres de religion; ce qui explique
vraisemblablement l'installation souterraine de cette chapelle." |